clothetome

Aller à un défilé hors calendrier officiel, c'est comme entrer dans un atelier ouvert sur la rue : c'est vivant, bruyant et décalé par rapport aux ambiances maîtrisées des défilés. Peu importe le style du créateur ou le lieu, il y a une approche radicale et différente.


Haute Couture Eté 2011 : Sakina M'sa
(Récit rapido)
Voilà un petit aperçu du défilé de la créatrice de mode Sakina M'Sa, batipsé "Serial Frenesie".
Ambiance musicale avec Les P.O.U.F (Petite Organisation Ultra Féminine), trois nanas au look eighties version punkie déjantée mais option bien dans leurs talons et humour musical 100% pur jus les doigts dans les cordes ! Les murs nus, le sol brut, les bancs rudes, pas de chichis, place aux seuls vêtements pour sentir l'explosion printanière que j'attends avec impatience :-) !

Couleurs radicales calmées de blanc ou noir, structures gonflées et détails fun, dandy mais moderne et sportive, affirmée mais fragile et poétique. Du contraste comme j'aime.
plastrons anti grise mine
plastrons anti grise mine

épaulettes disco ou bleu de travail recyclé chic
épaulettes disco ou bleu de travail recyclé chic

beige et encre bleue flashy, j'adopte !
beige et encre bleue flashy, j'adopte !

(Portrait express)
Sakina est petite par la taille mais grande par l'intention et l'action. Son parcours illustre son rapport particulier et si personnel à la mode : ne pas réduire le vêtement à un but fonctionnel ni celle qui le porte à une image esthétique. En faire plutôt le véhicule porteur de mémoire, d'intériorité, de solidarité et de sens pour l'inclure dans un projet de société. Bien avant la médiatisation du commerce équitable et du bio, Sakina M'sa a fait des choix créatifs et prit des décisions entreprenariales qui accompagnent sa vision.

Je n'ai jamais pu oublier qu'elle aime enterrer des tissus pour les laisser s'ancrer dans la mémoire du temps et les réinserer ensuite dans ses créations, ni qu'elle numérote et donne une date de naissance à ses vêtements au lieu d'un logo. J'ai aimé la voir au travail avec ces femmes dignes et fragiles à la fois qui cousent "L'étoffe des héroïnes", une expo qui a eu lieu au Grand Palais et a donné un film documentaire dont je me souviens encore, émouvant et passionnant.

Pour relater son parcours, il faudrait redire ce qui a été maintes fois dit et bien dit ;-) et que vous pouvez lire ici sur le site de Psychologies.com. Et allez sur son site !

Rédigé par LouVero le Vendredi 28 Janvier 2011 à 09:01 | Commentaires (2) Y! Facebook Google MySpace Twitter LinkedIn Viadeo WikioEs Google +

Je ne peux pas attendre les beaux visuels pour vous en parler ! J'ai vu ce défilé dans des conditions pas terribles, debout au dernier rang, comme une sardine prise au piège entre deux manteaux chics et trois bras armés chacun d'un smartphone qui filme... mais je ne regrette rien de rien !!!


(Récit rapido)
Au Théâtre National de Chaillot, défilé Haute-Couture à 14h30, démarrage 30 minutes après : un défilé ne commence jamais à l'heure inscrite sur le carton d'invitation, sachez le, c'est une règle ;-)) ! Pourquoi ? les défilés s'enchaînent à des endroits différents, le calendrier est parfois trop serré et les invités sont forcément in late (comme moi) et je soupçonne certains VIP de se faire attendre pour ne pas attendre :-)). Bref, ma place assise est partie sous les fesses d'une VIP ou d'un p'tit malin, peu importe, un défilé haute-couture est toujours un instant magique et rien ne me gâchera çà ! Je me mets au niveau du noyau dur du défilé : le groupe des photographes et cameramans : plus de chance de voir la fille s'arrêter pour poser et me laisser admirer la tenue ;-)) !

Le défilé commence et c'est parti pour 20 minutes maxi d'épure moderne et féminine ! Energie, sensualité, luminosité, mes trois mots pour résumer le tout. Les mannequins ont une élégance de cygne. Du blanc irradiant et des couleurs rarement vues sur les podiums, des impacts graphiques, des chûtes de volume et des drapés architexturés. Des ornements métalliques - en fait de l'or coulé dans du verre soufflé, incroyable - et d'une grande beauté épurée. Comme dans ses précédentes collections, le corps de la femme est à la fois net et ondulant, dynamique et auréolé d'une belle grâce.
Une entrée lingot d'or cubiste, une femme mi-vestale, mi-amazone
Une entrée lingot d'or cubiste, une femme mi-vestale, mi-amazone

Face aux zooms mitraillettes, une apparition pleine de grâce...
Face aux zooms mitraillettes, une apparition pleine de grâce...
Dès que possible, je vous montrerai mes modèles préférés !!! Je signe et persiste dans mon élan : j'aime la patte de ce couturier ! Je la poserais bien sur moi cette patte là mais pour porter une telle épure moderne, il faut tout simplement un budget hors norme ! Car ici l'à peu près ne pardonne pas, un mauvais tissu qui tombe mal ou une coupe mal pensée et la magie s'écroule. "Less is More" dit-on, oui mais le "moins" nécessite le meilleur pour ne pas devenir "rien".

Comme je n'ai pas réussi à mettre en ligne ma vidéo (et désapointée je suis), je me rattrape avec ce cliché rigolo où deux fashion girls posent sous le nom du couturier. Elles ne furent ni les premières ni les dernières... Stéphane Rolland serait-il devenu un monument touristique ? ;-))

Hop, petit rajout de lien ce mercredi matin pour voir les photos ici

Haute Couture Eté 2011 : Stéphane Rolland
(Portrait express)
Stéphane Rolland s'est lancé sous son nom en 2007 après dix ans chez Sherrer en tant que directeur artistique. Il a été intronisé dans le club restreint des membres de la Chambre Syndicale de la Haute Couture deux ans après. Je suis son travail depuis longtemps et c'est un pur plaisir de voir son style perdurer et s'affirmer saison après saison. Il fait partie du petit groupe des couturiers nouvelle vague qui donnent à la Haute Couture un souffle de modernité et de quoi éviter son enlisement dans des tonnes de ratures ornementales. A suivre de près...
Vous ne l'aviez pas beaucoup vu dans la presse de mode en France ? Eh oui ! Comme d'autres outsiders et indépendants, il ne fait pas partie des clubs select LVMH ou PPR qui ont pignon sur presse, la maison Sherrer non plus, et quand c'est l'annonceur qui dicte la loi, il y a très peu de place pour en parler... tic tac, c'était ma minute de rappel de la dure loi du marché... Mais internet change la donne :-) !

Pour en savoir plus :
une ancienne interview du beau gosse
un joli reportage sur lui et ses ateliers
le site de la maison Stéphane Rolland



Rédigé par LouVero le Mercredi 26 Janvier 2011 à 09:01 | Commentaires (3) Y! Facebook Google MySpace Twitter LinkedIn Viadeo WikioEs Google +

Encore une créatrice dont le travail fait vibrer mes cordes sensibles... pas la seule alors je vais finir par en perdre la voix mais c'est pour la bonne cause... et Cecile Boccara le vaut bien !


Cecile Boccara : un bouquet de douceurs
(Pause portrait)

Au n°8 du joli passage du Grand Cerf en plein coeur de Paris (2ème), se niche l'atelier de Cecile Boccara. Mi-fée mi-lutin, elle fait pousser au bout de ses doigts, des fleurs sans épines, des plissés lichens, des graines colorées, des plumes éventails etc. La forêt jouxte le jardin et ses plantations sont de celles qui aident à passer l'hiver. Pour moi un paradis destiné aux âmes sensibles ou poétiques mais attention, ici délicatesse ne signifie pas mièvrerie. Oui, la fleur de soie délicate a fait son succès depuis de nombreuses années. Oui, les mariées y trouveront de très jolies créations adaptées. Non, son travail ne se cantonne pas à la fleur de soie !!! Lacroix et Roger Vivier ont aimé son savoir-faire, je ne les imagine pas perdre leur temps avec un truc en plumes ou un bouquet naif ;-). Allez voir par vous même ici, notamment dans la rubrique couture.

(Actions soldesques)

Et voilà, je n'ai pas résisté longtemps dans sa boutique : cette petite plume strassée (soldée à 25 €, youpie !) m'a démangé la rétine elle aussi ! Après mon sac poilu Dodds tout bleu, il me fallait bien un collier plumé coordonné.
La voilà portée avec mes trouvailles de la même période : des poignets en grosse laine mélangée à une laine scintillante et dénichées pour 19 € dans une micro boutique avec des créations faites maison ou presque (Atsukoparis, 4 rue Poissonnière, 75002).
Et le tout sur un long et large pull tunique à col boule chez H&M pour rien du tout of course, que je porte avec jean slim ou en robe sur collants opaques.

Me faudra t-il ensuite un accessoire à écaille pour un shopping animalier dans les règles ? ;-))
Cecile Boccara : un bouquet de douceurs

Cecile Boccara : un bouquet de douceurs
(Recette zen)

Prenez une fleur, respirez la
Plumez ses pétales un à un, oubliez la...
Plongez les mains dans la soie,
Faîtes mousser des dix doigts,
Fermez les yeux...
Le parfum reste, tendez la main, regardez,
ici, une fleur de soie Boccara est née.

En collier ou en fin bandeau cheveux... un détail hippie bucolique pour l'été prochain.
Et la créatrice peut réaliser cette fleur prénommée Lou, sur commande dans plein de couleurs !!! Les finitions et la soie sont juste parfaites !!! :-)

Rédigé par LouVero le Vendredi 21 Janvier 2011 à 23:07 | Commentaires (2) Y! Facebook Google MySpace Twitter LinkedIn Viadeo WikioEs Google +

Décembre 2010, une vente privée en appartement et me voilà le nez en pleine peau, les poils de bête sous les ongles et l'oeil dilaté devant les sacs tous plus beaux les uns que les autres. C'est du haut de gamme, un investissement pas un achat jetable ! Mais c'est une vente privée à prix archi dégraissés donc 50% de raison de ne pas laisser passer un trésor sans le regretter et 50% de chance de pas trouver une meilleure occasion de succomber puisque c'était juste avant Noël ;-)... Allez hop petite commande au Père Noël pour mes petits souliers ;-)


Flash Back théâtral : la besace Dodds
Acte 1 :
Cette besace là m'a tapé dans l'oeil très vite, le bleu Klein cerné de noir et la crête punkie m'ont électrisée la rétine. Il me la fallait !!! Moi qui suis ni accroc aux griffes ni grande consommatrice du temple de la Mode, me voilà passée en mode "addict" !!!!
Comme pour tous mes coups de coeur, ma raison voudrait bien l'emporter et m'a emportée à la rencontre de sacs moins onéreux ou plus consensuels "au cas où je me lasse de l'originalité" : une belle et sobre besace marron gold au style très roots me tentait bien mais j'ai déjà ce qu'il faut dans ce coloris... plus loin de jolis petits sacs de dame dans des coloris mandarine ou framboise, miam miam... ma raison m'emporte encore plus loin vers un très chic porté épaule blanc et beige... j'hésite !!!

Flash Back théâtral : la besace Dodds
Je retourne à la besace à crête et là je la pose en bandoulière devant le miroir : bigrement difficile de ne pas se laisser tenter !! Je retourne vers le porté épaule blanc... la besace marron... la bleu Klein... la marron etc.
Un essayage qui m'évoque certains matins pas trop tranquilles, devant ma penderie où mon oeil droit dit m... à l'autre à force de manque d'inspiration ! Une chose est sûre, la bandoulière c'est pratique avec un môme dans les bras...


***Entracte (un traîneau passe...)***


Acte 2 :
L'originalité l'a emporté, voilà mon Klein at home ! Petit Papa Noël a été très très généreux et compatissant car j'ai vraiment voulu ce sac Dodds !!!

Du coup depuis que je l'ai, je pense tout en bleu et noir. Voilà un petit look pour accompagner mon coup de coeur "qui durera toute une année" et bien au-delà, "jusqu'en 2070" ;-)... Et l'occasion de porter un peu décalée ma chemise de bucheronne (Uniqlo) sous une mini robe pull taille basse et mini poches (pas de marque), avec une fine ceinture (G.Rech), un collant bleu hyper doux (Le Bourget) et mes old grandes chaussettes retournées sur mes vieilles bottes motardes qui auraient bien besoin d'une visite coordonnier !
Flash Back théâtral : la besace Dodds

Acte 3 :
Aux commandes de Dodds, deux femmes, Sandra et Isabelle, donc du sens pratique en plus du sens esthétique : marque basée dans le sud de la France, pas de boutique pour le moment, mais des ventes en direct ou privées. Une collection fabriquée de façon artisanale en Afrique du Sud, pays d'enfance de la créatrice. Avec un prix niveau haut de gamme (de 400 à plus de 800 euros) : rien d'incroyable par rapport aux autres marques sur le même créneau d'autant plus que les peaux et cuirs sont particuliers (Springbok, vache Nguni, Crocodile, Autruche...) et la qualité est là.

Un petit aperçu des particularités de ce modèle : belles finitions sans logo tape à l'oeil, un soufflet pour élargir la poche principale, des poches pour carte de transport, portable, clefs placées sous le rabat (plus faciles à atteindre), idem des poches à l'intérieur et une grande au dos du sac !

Flash Back théâtral : la besace Dodds

A bientôt pour d'autres fringales passées, présentes ou à venir ;-)

Tags : Dodds look mode sac VIP
Rédigé par LouVero le Lundi 17 Janvier 2011 à 09:01 | Commentaires (6) Y! Facebook Google MySpace Twitter LinkedIn Viadeo WikioEs Google +

Dernier volet de mon triptyque sur le travail de Sophie Badens. Cette fois la plume élégante d'une femme qui aime les points brodés, les histoires à raconter, les rêveries et les instants suspendus.


1 image à lire : Sophie Badens (3 and last one) par Béa
Voyage au long cours

courtoisie de pigments
embarcation éphémère
mer de velours
ourlet défait
fée d'hiver
vertige solitaire
territoire privilégié
légitimement lié
liaison printanière
tannière élégante
gantée et poudrée
drainage d'été
éternel retour
tourbillon automnale
tonalités et voies
voyageur dans l'âme
ami d'un jour...

Béa


Un poème écrin, un long collier de mots à enfiler l'un après l'autre pour porter en soi un parfum capiteux de fleur jamais tout à fait fanée.
Un exercice qui m'évoque aussi une comptine enfantine (Trois p'tits chat chat chat, chapeau de paille paille paille, paillasson son son, somnambule bule bule, bullotin tin tin, tintamarre marre marre, mare au diable diable diable. etc.) ;-)

Merci Béa !

Rédigé par LouVero le Vendredi 14 Janvier 2011 à 08:01 | Commentaires (1) Y! Facebook Google MySpace Twitter LinkedIn Viadeo WikioEs Google +
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